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Peindre la guerre pour raconter.

La guerre est très présente dans l’art européen. On peint surtout la bataille pour illustrer et raconter. Les artistes montrent les souffrances des civils et dénoncent les violences de la guerre. Avec hélas à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle : la guerre de masse. Au XXe siècle, les artistes plus engagés, se font les portes paroles du pacifisme.


Voici une sélection de 5 peintures qui ont dénoncé les horreurs de la guerre

1. Les horreurs de la guerre", par Rubens (1637)


La guerre de Trente ans dans la Flandre. Pierre Paul Rubens représente cette guerre sous les traits d'une femme en noir, la divinité Europe et un globe translucide surmonté d'une croix symbolisant la chrétienté.

Vénus, la déesse de l'amour, cherche à retenir Mars, le dieu de la guerre, pour tenter de le ramener vers le temple. A l'inverse, Alecto, l'une des Érinyes, déesses infernales, cherche à tirer Mars en avant par un pan de son manteau rouge. Une femme au luth brisé incarne l'harmonie rompue.

Lassé des conflits armés incessants, Rubens écrivait en 1635 "Je suis un homme qui aime la paix"



2. "Le trois mai 1808 à Madrid", Goya (1814)


C'est un tableau mythique, qui représente une scène tragique peinte par Goya, conservée au Prado à Madrid, est également connue sous le nom Les Fusillades du 3 mai.


Dans la nuit du 2 au 3 mai 1808, des soldats français exécutent environ 400 combattants espagnols en représailles du soulèvement du peuple madrilène du 2 mai, contre l'occupation de la ville par les Français. "Le peuple de Madrid abusé s'est laissé entraîner à la révolte et au meurtre. [...] Du sang français a coulé. Il demande à être vengé" déclare le 2 mai 1808 le maréchal d'Empire Joachim Murat, chef des armées de Napoléon en Espagne.

Cette rébellion signe le début de la guerre d'indépendance espagnole


C'est seulement en 1814, après l’éviction définitive des Français, que Goya peint le Tres de Mayoet le Dos de Mayo (qui représente la rébellion).


3. "La partie de cartes", Fernand Léger, 1917


Sur cette toile de Fernand Léger, on voit trois soldats attablés fumant la pipe en jouant aux cartes. L'idée de cette oeuvre germe dans l'esprit de l'artiste alors qu'au front, où il est mobilisé comme brancardier de 1914 à 1917, il essaye de croquer une partie de cartes. Sous son crayon, l'homme apparaît machine, déshumanisé.


4. "Guernica" de Picasso (1937)

La ville basque espagnole de Guernica vient d'être bombardée par l'Allemagne nazie le 26 avril 1937, c'est avec colère que Pablo Picasso esquisse sur un bloc de papier un taureau, un cheval, et une femme, inspirés des trois premières photos du drame qui étaient publiées dans le journal Ce soir, dirigé par Louis Aragon. Par la suite il transformera ses dessins en une gigantesque peinture cubiste, réalisée dans son atelier sous les toits de Paris. Un tableau destiné à l'Exposition universelle de 1937 et intitulé Guernica.


5. "Les inaptes au travail" par David Olère (entre 1945 et 1962)


Né dans une famille juive à Varsovie, en Pologne, en 1902, David Oler - il prit le nom d'Olère lors de sa naturalisation française, en 1937 - est arrêté en 1943 et interné à Drancy avant d'être déporté à Auschwitz. Il y restera jusqu'à la Libération. Employé dans une équipe chargé de gérer les fours crématoires, il doit sa survie à ses dessins, qu'admirent les gardiens SS.

Entre 1945 et 1962, il témoigne de sa traumatisante expérience des camps de la mort, représentant une famille venant d'arriver au camp d'Auschwitz-Birkenau par convoi. Les SS séparent les "invalides" (enfants, femmes, personnes âgées...) des "valides". A l'arrière plan, des déportés poussent des chariots de cadavres vers les fours crématoires.


Kirsten Keagli Mai 2022



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